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Introduction aux Quatrièmes rencontres de l’Unité de Soins et d’Information sur les Drogues, « Dopage et nouvelles drogues, Douai, 23/09/99

Le travail préparatoire à cette journée nous a permis de penser que le dopage n’était pas l’apanage médiatisé de professionnels de haut niveau, mais une pratique courante de nombreuses disciplines sportives, et même de sports non compétitifs !

Dopage et nouvelles drogues apparaissent tous deux comme des phénomènes de masse récents, promus par la modernité chimique. Tous deux répondent aux aspirations de cette fin de siècle, au culte de la performance et à l’idéal consumériste. Bien plus, dopage et nouvelles drogues bénéficient des avancées économiques de ces dernières années, avec une industrie délocalisée, une mafia mondialisée et un arasement des particularismes culturels.

Il existe des formes de passage du dopage à la dope, comme l’a démontré l’équipe du Dr Loewenstein au Centre Monte Christo à Paris, mais peu de sportifs dopés fréquentent nos centres de soins. Il n’en va pas de même avec les consommateurs de ce qu’il est convenu d’appeler les nouvelles drogues.

L’X., l’ecstasy, qui en est le terme générique, est longtemps restée confinée dans notre imaginaire comme une drogue festive, occasionnelle, voire inoffensive.

Avec l’apparition de nouvelles molécules, toujours plus puissantes, avec la banalisation de nouveaux usages, des usages massifs, mêlant ecstasy, benzodiazépines, opiacés et alcool ; une nouvelle clinique s’est présentée dans les centres de soins pour toxicomanes. Ainsi à DOUAI, nous avons constaté des accidents psychiatriques, et même des pathologies neurologiques heureusement réversibles.

Alors, ce n’est sans doute pas un hasard si l’on assiste à une course en avant des drogues de synthèse, à un moment où nous disposons de produits de substitution à l’héroïne, et peut-être prochainement d’un vaccin anti-cocaïne.

Cette nouvelle donne toxicomaniaque, dopage et nouvelles drogues, apparaît comme le pendant pour l’homme des Organismes Génétiquement Modifiés, d’une agriculture gérée par l’Organisation Mondiale du Commerce. Aussi, en attendant les drogues génétiques, l’industrie chimique prépare les alicaments, des produits qui sont tout à la fois des aliments et des médicaments.

Il nous reste donc du pain sur la planche, si j’ose dire, et si toutefois le concept même de toxicomanie ne devient pas obsolète dans un tel contexte.

 

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