Vient de paraître : « Les Nouvelles Figures du psychologue clinicien »

LE LIVRE
ISBN : 979-10-96852-21-5
Broché, 210/135, 242 pages, imprimé en UE
Dépôt légal BnF mars 2021
Prix : 21 €
Distribué par l’Harmattan
ÉDITIONS BORROMÉES
LES AUTEURS
Élie Doumit Psychanalyste
Gauthier Carlier Psychologue clinicien
Rosa Caron Psychanalyste,
Sabrina Libbrecht Psychologue clinicienne,
Mariange Nohra Psychothérapeute et Psychanalyste.
Christian Hoffmann Psychanalyste,
Lilian Truchon Philosophe
Alexandre Durieux Psychologue clinicien
Julie Magnier Psychologue clinicienne
Wilfrid Magnier Psychanalyste
L’argumentaire
Ce recueil réunit les textes enrichis et retravaillés qui s’originent des exposés et
points de vue soutenus au cours d’une journée d’Études et de Recherches
organisée par :
l’Université de Lille,
l’Association des Psychologues Cliniciens de Lille III
l’École Psychanalytique des Hauts de France.

L’argumentaire était le suivant : « Le psychologue contemporain s’inscrit dans
un contexte qui le ramène vertigineusement à l’une de ses racines (Galton) au
détriment de ses aspirations humanistes. » Le meilleur des mondes semble à
notre portée. Si pour Leibniz, Dieu fait advenir, par la grâce, le meilleur des
mondes possibles, le monde d’aujourd’hui est celui qui veut rendre possible un
monde sans erreurs (amour, désir…) Alors, que dire de ces psychologues qui
soutiennent l’erreur, l’amour, le désir ?
L’anthropologie et l’interculturalité ne peuvent plus occuper une place marginale
dans le champ clinique du psychologue. Ils deviennent un enjeu pour penser la
souffrance, le soin, l’autre, la société et la science.
Notre but : témoigner des pratiques et modèles inventifs qui maintiennent au
plus vif le lieu d’une parole qui reste à entendre.

Vient de paraitre : Alain Airaly, Jean-Pierre Lebrun « Réinventer l’autorité. Psychanalyse et sociologie ».

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La crise de l’autorité précarise la vie collective, le rapport à autrui et la formation de la subjectivité. Inlassablement niée et récusée, quasiment incompréhensible aujourd’hui, l’autorité doit être réinventée, ex nihilo, tant elle entre en contradiction avec l’actuelle société des individus. Dans leur dialogue, les auteurs s’y exercent.

En effet, à la différence de la domination et de la coercition, l’autorité est la parole du collectif, elle est le Tiers qui conditionne tout ensemble le langage et le rapport à autrui. Comment faire autorité dans la famille, à l’école, au travail ou en politique lorsque toute position d’exception se trouve par avance récusée, contestée, sinon méprisée ? Qu’est-ce qu’une société dans laquelle plus personne n’assume la position d’exception et les normes de la vie ensemble ? Quelles en sont les conséquences sur la construction psychique de l’autonomie et de la responsabilité ?

Dans un dialogue constructif, Jean-Pierre Lebrun et Alain Eraly, appartenant à des disciplines différentes, croisent leurs approches et s’essaient à concevoir de nouvelles formes d’autorité au service du commun, plus respectueuses de nos valeurs démocratiques.

Dans la collection

Humus

A propos des auteurs

photo de Jean-Pierre LEBRUN

Jean-Pierre Lebrun est psychiatre, psychanalyste, ancien président de l’Association lacanienne internationale et de l’Association freudienne de Belgique.

photo de Alain ERALY

Alain Eraly est professeur à l’université libre de Bruxelles où il a enseigné la sociologie, la communication et la gestion publique, membre de l’Académie royale des sciences, des lettres et des beaux-arts de Belgique.

Alain Ehrenberg :« La légalisation du cannabis devrait être au centre d’un débat politique jusqu’à présent inexistant »

Cinquante ans après la loi de 1970 réprimant l’usage et le trafic de stupéfiants, l’action publique ne protège en rien la jeunesse des risques du cannabis, constate le sociologue, qui préconise la légalisation et non pas la dépénalisation.

Le Monde, Publié le 20 avril 2021 à 19h00

Tribune. Dans un entretien publié par Le Figaro dans son édition du 19 avril, le président de la République s’est déclaré très défavorable à la dépénalisation des usages du cannabis, affirmant que « les stups ont besoin d’un coup de frein et pas d’un coup de publicité ».

Si la dépénalisation, qui est une mauvaise solution parce qu’elle ne touche pas à la production et au trafic, suscite l’hostilité d’Emmanuel Macron, la légalisation est évidemment encore moins envisageable. Or, c’est elle qui devrait être au centre d’un débat politique jusqu’à présent inexistant.

Malheureusement, le président a adopté ce ton assertif et moralisateur qui caractérise la pensée des gouvernements successifs depuis des décennies, ton qui délégitime tout débat au nom du slogan vague qu’est la protection de notre jeunesse. Or, un débat est essentiel en démocratie parce qu’il permet de clarifier devant l’opinion les raisons de changer ou de ne pas changer de politique. Ce débat est d’autant plus nécessaire que les Français et, surtout, les addictologues (qui sont quand même en première ligne des problèmes sanitaires et psychologiques) sont favorables au changement. Lire aussi Lancement d’une consultation citoyenne sur le cannabis récréatif

Notre législation sur les stupéfiants date de 1970. Prévoyant la répression pénale de l’usage et du trafic, elle a pour objectif de s’attaquer en même temps à l’offre et à la demande. Cinquante plus tard, le constat sur le cannabis est sans appel : la consommation est forte (en 2018, selon l’Observatoire français des drogues et des toxicomanies, 16,1 % des élèves de 3e ont consommé dans l’année et 42,4 % des terminales l’ont expérimenté) et les trafics sont florissants.

Il faut regarder ces faits en face, tout particulièrement en regard du critère d’efficacité des politiques publiques. Les gouvernements successifs jusqu’à aujourd’hui ne se sont jamais posé la question de l’efficacité de l’action publique. Or, celle-ci est une question essentielle en démocratie.

Activité répressive chronophage

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Décès de M. Élie Doumit

Lisboa, août 2019

M. Elie Doumit, né le 13 août 1936 à Knaitt au Liban, est décédé ce lundi 29 mars 2021 à Lille. Elève de Lacan, dont il suivit le séminaire, membre de l’ALI, M. Doumit exerçait la psychanalyse à Lille, Rabat et Casablanca.

En 1997, M. Doumit fonde l’Ecole Psychanalytique du Nord, devenue Ecole Psychanalytique des Hauts de France – membre de l’ALI « dont le but est de promouvoir un enseignement qui, loin d’instaurer un savoir ésotérique, susceptible de nous conforter dans des positions de maîtrise et de notabilité, tâchera de faire en sorte que nous ne soyons pas enclins à nous enfermer dans notre tour d’ivoire ».

Titulaire d’un doctorat de philosophie des sciences, M. Doumit enseignait l’épistémologie et la psychanalyse à l’Université Charles De Gaulle à Lille.

M. Elie Doumit a fait paraître récemment deux livres aux EME Editions : « Lacan ou le pas de Freud. Mythes et mathèmes » en 2017 et « Le Réel en psychanalyse. Entre épreuve et preuve » en 2019. Un troisième livre est en attente de publication.

M. Elie Doumit a joué un rôle essentiel dans la transmission et la diffusion de la psychanalyse dans notre région, ainsi qu’au Maroc et au Liban.

Hommages

Philippe Collinet : Élie Doumit était un Enseigneur. Il jonglait et faisait tourner les quatre discours dans un dire qui n’appartenait qu’à lui et qui nous laissait sidérés ou ébahis.

Rattrapée par le Réel du grand Autre, sa voix reste inoubliable.

Annie Peltier : Merci d’abord pour avoir accepté d’être mon analyste. Merci pour le chemin parcouru avec vous en analyse et d’abord d’avoir accepté de faire ce voyage avec moi. Merci pour votre enseignement, qui ne cessera jamais de nous enrichir. Merci pour les cours, les séminaires, les journées d’études, les rencontres-débats, les présentations de malades, les après-débats : les repas partagés avec vos invités. Que de souvenirs, à la mairie de Lille, à la Mgen, puis à la fac de lettres. Les lettres si chères à vos yeux, symboliquement. Et enfin, rue Malus et à Binet. Merci Monsieur Le Professeur. Merci Monsieur « Doux Mythe », en nous, il nous arrivait de vous nommer comme cela. Ce jeu de mots, vous le connaissiez, il ne vous a pas échappé, vous l’utilisiez parfois. Si le mythe a un caractère sacré, au jour où vous nous quittez, c’est que désormais vous entrez dans la légende. On ne mesure pas encore la chance qu’on a eue de vous avoir rencontré, eh bien pour tout cela simplement, merci.

La suite des hommages sur le site de l’École Psychanalytique des Hauts de France

« La Psychanalyse des adultes » : renversante Melanie Klein

La psychanalyste Melanie Klein, dans les années 1950.

« La Psychanalyse des adultes. Conférences et séminaires inédits » (Lectures on Technique), de Melanie Klein, édité par John Steiner, traduit de l’anglais par Géraldine Le Roy, Eric Stremler et Véronique Young, Payot, 270 p., 28 €, numérique 21 €.

Née à Vienne en 1882, morte à Londres en 1960, Melanie Klein est connue dans le monde entier pour avoir inventé l’approche psychanalytique des enfants. Au début du XXe siècle, les représentants de l’école viennoise, incarnée par Sigmund Freud et sa fille Anna, soutenaient que le moi de l’enfant se révélait trop fragile pour être abordé en direct et qu’aucune cure n’était possible sans la médiation des parents.

Or, à partir de 1926, Melanie Klein, installée au Royaume-Uni, abolit ces barrières en construisant une doctrine de l’infans (enfant de 2 à 3 ans), celui qui ne parle pas mais n’est plus un bébé. Aussi propose-t-elle un cadre spécifique à l’exercice des cures infantiles qui a fait partout ses preuves : petits meubles, jouets, dessins, pâte à modeler, animaux en peluche, etc.

Evidemment, un tel changement la conduit aussi à repenser de fond en comble la cure des adultes, mais également la formation des psychanalystes, comme en témoignent les six conférences de 1936, ainsi que la transcription de plusieurs séminaires de 1958, réunis pour la première fois dans La Psychanalyse des adultes.

La haine primordiale interne à soi-même

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« Il faut donner à la psychiatrie les moyens ambulatoires et hospitaliers qui lui ont été soustraits lors de la fermeture de 70 000 lits »

Psychiatrie : « Traitement inhumain et dégradant » au CHU de Saint-Étienne  - Le Point

Psychiatres, infirmiers, psychologues, membres du Collectif inter-hôpitaux, nous souhaitons alerter la contrôleuse générale des lieux de privation de liberté, Dominique Simonnot, sur les atteintes réitérées portées aux droits et à la dignité des patients relevant de soins psychiatriques. Depuis quelques années, les conditions d’accueil des patients se dégradent fortement et des pratiques réputées disparues reviennent : les contentions mécaniques se banalisent dans de nombreux services d’urgence des hôpitaux français. Et ce, sans aucun contrôle d’aucune instance.

Dans vos recommandations en urgence du 1er février 2018 sur le CHU de Saint-Etienne, la situation était parfaitement analysée : l’absence de lits d’aval constitue un « dysfonctionnement majeur [qui] conduit les soignants à accepter l’instauration de pratiques contraires au droit comme d’ailleurs à leur volonté première ». Les politiques de santé publique réduisant la place de l’hôpital public dans le dispositif de soins ont des conséquences : concentration des patients les plus sévères dans un même lieu, pression sur les durées moyennes de séjour, impossibilité d’hospitaliser dans un délai raisonnable les patients suivis. Lire aussi l’enquête : La très grande souffrance de la psychiatrie française

L’agitation et la peur

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Jean-Jacques Tyszler : « Accélération de la surveillance du et par le corps »

Une augmentation des névroses de contraintes ou « névroses d’un-jonction »

La crise sanitaire actuelle nous donne l’occasion de revenir sur notre rapport au corps qui est devenu une obsession nationale et internationale.

Dans notre ouvrage, « Actualité du fantasme dans la psychanalyse [2]», publié avant la crise sanitaire, nous insistions déjà sur le déplacement de la névrose obsessionnelle classique vers des névroses de contraintes.

A ce propos, le philosophe allemand Byung-Chul Han en donne une bonne illustration : « Le sujet performant, épuisé, dépressif, est en même temps usé par lui -même, incapable de sortir de lui-même, d’être dehors, de se fier à autrui, au monde ».

La pandémie, sorte de tunnel sans fin, renforce les injonctions, « un-jonctions », concernant les objectifs et les évaluations d’un sujet réduit à des algorithmes, des séquences chiffrées, face à ses écrans, ses objets connectés, ou dans ses running aux constantes alimentaires et biologiques contrôlées.

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A propos du rapport : les 1000 premiers Jours 13/12/2020

Golder - Vidéo Dailymotion

Par Eva-Marie Golder

En septembre 2020 le Ministère de la Santé publie un rapport ambitieux, afin de veiller à une politique soucieuse de diminuer les inégalités qui entravent le bon développement de certains enfants. L’ensemble du rapport est intéressant,exhaustif, riche en informations. L’art de la litote est manié avec habileté. Il fourmille à la fois de bonnes propositions, et de constats qui méritent attention. Il est aussi un exemple parfait du néo discours plein de formules stylistiques tellement entrées dans le langage commun qu’on ne s’aperçoit même plus de la charge idéologique qu’elles véhiculent. C’est un rapport bien-pensant qui efface la différence entre égalité et identité. C’est dans l’air du temps, « société liquide », comme dirait Zygmunt Bauman, oblige. Oui ce rapport a sa raison d’être au niveau des préconisations, sans aucun doute, mais peut-être faut-il nuancer les choses et le lire avec attention.

C’est un document en trois temps : une première partie fait une sorte de constat de l’état des choses, une petite partie du milieu donne des indications sur l’organisation de démarches nécessaires pour une plus grande efficacité d’un programme à prévoir, et une troisième partie développe longuement les différents aspects à envisager pour une création de Maison des1000 premiers Jours. C’est de loin la partie la plus intéressante du point de vue des observations.

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Décès de Moustapha Safouan

Esprit libre, s’il en est, le psychanalyste Moustapha Safouan est décédé ce 8 novembre 2020 à l’âge de 99 ans. J’ai eu l’honneur de le connaître dès 1996, à l’occasion d’une intervention au colloque de la Fondation Européenne pour la Psychanalyse à Bruxelles. Avec Jean-Louis Chassaing, Moustapha Safouan parraina ma canditature à la FEP.

Liens :

L’hommage de M. Elie Doumit, fondateur de l’Ecole Psychanalytique du Nord

La nécrologie d’Elisabeth Roudinesco dans Le Monde

Biographie

Ludivine François : « Récupération automatique »

Par sa vision et son expérience, Ludivine entraîne chaque lecteur dans un espace ouvert où l’on peut y lire et écrire son identité. Elle amène, celui qui veut bien la suivre, du particulier à l’universel, ce qui signe la littérature, et qui la désigne comme auteur véritable et authentique.
Elle écrit sur la démultiplication de l’identité, la folie, la relation mystique à soi et au divin.
Elle s’est attachée à rendre accessible la littérature aux lecteurs empêchés : les patients en hôpital psychiatrique, les adolescents en difficulté scolaire, les adultes peu familiers avec les livres.

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